Honorer et comprendre les Koïs.

Les Kohaku : les papa et maman de Nana-san!

par Nana-san, la carpe des quartier chics:

Dans le cadre de ma chronique « Honorer les Koïs », je vous parle de ma parenté immédiate, à savoir les Kohakus. Lesquels sont, comme de bien entendu, tenus en haute estime partout au Japon . La famille Kohaku, est bien plus célèbre et appréciée que n'importe quelle autre lignée, ce qui est bien naturel, du reste!

Bien des humains savent déjà que les Kohakus sont d'abord et avant tout, des Koïs à robe blanche décorée d'un motif de taches rouge pompier de taille variable. Les humanoïdes accordent d'ailleurs une valeur démesurée à la quantité, la forme et la beauté de ces taches de couleur, au détriment d'autres aspects du lignage qui m'apparaissent bien plus importants.

Dans l'évaluation de la qualité des Kohakus, il est très facile d'être uniquement influencé par la relative répartition des « pas » de couleur. Selon ces experts, le nombre de pas, l'équilibre de la répartition entre le côté gauche et le droit, l'avant et l'arrière, sont des éléments déterminants de l'excellence du lignage. Pourtant, chez moi au Japon, nous considérons beaucoup plus importante la forme que peut avoir un Koï et la qualité de sa peau. On a ça en commun avec les femelles humaines, je pense...

Bref, un Kohaku, présentant une répartition parfaite des pas colorés, mais privé d'une forme corporelle correcte et d'une peau fine, n'a que peu de valeur.


D'ailleurs, beaucoup de fins reproducteurs Kohaku jouissant d'une grande estime, ont des dessins colorés somme toute assez banals. Ils jouissent en revanche d'une forme parfaite, rappelant celle d'un cigare et une peau d'une extrême finesse.

Il va sans dire que leurs deux côtés se doivent d'être parfaitement symétriques. Surtout sur les sujets plus jeunes, chacun sachant qu'aucun défaut ne s'améliore avec l'âge...

En plus, un défaut de symétrie peut être le symptôme d'une malformation interne ou de maladie.

Comme chez les humains, les Koïs pensent que les femelles sont plus attrayantes, que leurs contre-parties masculines, plus minces, principalement parce qu'elles ont une forme beaucoup plus arrondie et agréable.

Juger de la forme est naturellement beaucoup plus facile avec les sujets adultes, mais il est également important pour les plus jeunes. Bien qu'il ne puisse y avoir aucune garantie que la forme recherchée sera maintenue, la sélection des jeunes sujets ne peut certainement pas nuire!

Étant donné que généralement les Koïs sont importés, ne vous fiez pas à votre première impression. Souvent, les jeunes Koïs ont souffert d'une période de jeune forcé, en raison du transport et mangent moins les premières semaines, le temps de s'adapter à leur nouveau milieu de vie. Ils peuvent donc présenter un aspect anormal, la tête semblant trop grosse. Des soins attentifs (gavez-les de choses succulentes) vont nécessairement pallier certains défauts de conformité initiaux. Vous devrez donc toujours user de votre jugement et exercer votre patience. Faites-vous confiance, vous verrez, c'est très zen.

Vous avez compris, bien sûr, que ces caractéristiques corporelles valent pour n'importe quel Koï, qu'il soit noble Kohaku ou d'une autre lignée.

Abordons maintenant les difficiles notions de qualité de la peau.

Le Hi rouge du Kohaku doit être uniformément coloré, en sorte qu'on ne puisse constater de graduation colorée sur les écailles prises individuellement.

La limite entre les couleurs doit être nette, c'est ce qu'il est convenu d'appeler le Kiwa. Le seul brouillage tolérable, est celui situé à l'avant du Hi.

En effet, les écailles blanches se superposant aux rouges, il peut subsister un léger flou, occasionné par la relative transparence du blanc. Par contre, en fin de Hi, les écailles rouges se doivent d'être suffisamment opaques pour couvrir complètement le blanc. Un bon Kiwa est un critère de qualité fondamental chez les Kohaku.

Les critères importants ayant été expliqués, revenons maintenant à ces fameux motifs colorés, qui souvent, valent à ceux qui les portent, la faveur des humains.

Soit :

Katamoyo : 1 pas, sur un seul côté et donc en déséquilibre. Considéré comme laid, c'est comme ça!

Danmoyo : (motifs alternes)



Niddan : 2 pas




Sandan : 3 pas





Yondan : 4 pas




Inazuma : 1 pas, mais en forme d'éclair, l'exception qui confirme la règle, c'est ravissant!

Pour juger d'un motif Danmoyo, retenez les points suivants :

1) Les taches de couleur doivent être alternées de part et d'autre de l'arrête du dos (le koi étant vu d'en haut). Ils doivent se rejoindre au sommet et l'effet visuel de la répartition doit être de surface équivalente.

2) La répartition des pas colorés doit être balancée en sorte qu'aucune partie (les côtés, la tête, la queue) ne domine. D'ailleurs, partant de la tête, les pas doivent diminuer en largeur et disparaître avant d'atteindre la queue. Cet espace blanc est nommé Ojime, du moins, s'il est de la bonne longueur, s'il est trop long c'est le Bongiri, de vous à moi, c'est tout à fait vulgaire.



3) Idéalement le Hi se trouvant sur la tête, doit former un « U » dont la pointe s'arrête à mi-chemin des yeux et de la bouche, les rebords s'approchant des yeux, mais sans y les atteindre.




4) Les lèvres peuvent porter le Hi à la manière d'un rouge à lèvre, à ce moment on parle de Kuchibeni, c'est facultatif, notez le bien!



5) Les nageoires ne doivent jamais porter le Hi, c'est péché mortel.

6) Même de petits points noirs sur les nageoires, sont absolument intolérables.

7) Mais sur la robe du Koï, ils sont admissibles, maaaaaaaiiiis...à la condition que ce soit l'unique défaut et encore.


Quand à moi, je me refuserais à un prétendant affligé d'une pareille tare!

Nananishikikoï-san-tare!


Le Petit Jardin Oriental de Clovis
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